Maman, j’ai raté la voiture

Fini, de crooner pépère au volant de sa nouvelle voiture. Fini, le sentiment de fierté quand on pousse un peu trop fort sur l’accélérateur. Ciao ciao la voiture perso, les jeunes urbains aujourd’hui ne font plus le même écho au joujou de luxe.

Génération de plus en plus déconnectée de la possession de certains biens personnels, la voiture individuelle n’est plus l’« objet à acquérir ». Considérée comme chère, encombrante, source de tracas en ville pour trouver une place de parking, le sentiment de liberté autrefois soudé à la voiture s’est aujourd’hui déplacé vers d’autres centres – celui d’internet par exemple, où la jeune génération des 18-30 ans s’y évade et s’y perd chaque jour. L’émancipation des jeunes a su trouvé d’autres échappatoires.

La jeune génération ne pense même plus à l’achat d’une voiture en ville. L’idée effleure mais glisse sans y laisser ses marques. On fuit la possession. A 25 ans, on préfère trouver des alternatives comme un ami qui pourrait nous prendre chez Ikea après nos courses ou prendre la voiture de nos parents pour partir en week-end en amoureux. Et les chiffres le prouvent : en 2015 le nombre de jeunes ayant obtenus leur permis de conduire a diminué de 10% par rapport à 2010 pour atteindre 122.772 titres délivrés. La tendance est à la baisse, même si le Salon de l’Auto attire encore plus de 550.000 visiteurs par an (contre 300.000 pour le salon de la construction Batibouw).

L’individualisation fond au profit d’une mise en commun bien plus chaleureuse.

Les possibilités offertes par la technologie et l’évolution des mentalités face au « tout à la voiture » permettent aux jeunes de piocher aujourd’hui dans un éventail de possibilité pour se mouvoir autrement : partager une voiture avec ses voisins (Cozycar) ou via une société de carsharing (cambio), borne de vélos partagés (Villo!, Blue-bike), service avec chauffeurs (Uber), transports en commun, etc. L’avènement du « toujours connecté » amène les jeunes à se recentrer aujourd’hui sur un processus de partage de biens souvent onéreux et peu utilisés. L’individualisation fond au profit d’une mise en commun bien plus chaleureuse.

(c) Maria Teresa Ambrosi flickr

(c) Maria Teresa Ambrosi flickr

De constructeur à fournisseur d’options mobilité

Et les constructeurs automobiles semblent unanimes aujourd’hui : pour réintéresser la jeune génération, il faut faire des voitures un lieu ultra-connecté et autonome. La voiture prendra en charge le trajet pendant que vous aurez le temps de travailler, lire ou vous détendre. Les avantages du train, mais dans un espace privé et qui vous amène pile-poil à votre destination. Mais a-t-on envie de voir tout le monde sortir des transports en commun et se retrouver chacun dans une voiture perso ?

Les constructeurs automobiles ont bien compris qu’ils allaient devoir s’adapter aux nouvelles pratiques de consommation de la mobilité. «Nous voulons être un fournisseur de mobilité, pas qu’un constructeur», explique Fabrice Devanlay, directeur de la communication de Ford France. Fournisseur de mobilité, c’est par exemple investir d’avantage dans le marché de la location ou entrer au capital d’une start-up d’autopartage (comme l’a fait en France le groupe Peugeot-Citroën avec Koolicar, pour un montant de 18 millions d’euros).

Il va falloir jongler pour trouver l’équilibre et offrir des solutions très flexibles et bon marché

Le FordPass, quant à lui, est une plateforme développée par Ford, permettant aux automobilistes d’avoir une vue sur les possibilités de parking dans la zone de destination.
Ceux qui s’ancrent encore uniquement dans la construction de voiture réservée à un usage à sens-unique se coupent l’herbe sous le pied à long terme. De constructeur, il faut devenir fournisseur de solutions mobilité. Il faut reconquérir les cœurs d’une génération urbaine qui voit la voiture comme un fardeau. Mais qui ne peut cependant pas tout le temps s’en passer. Il va falloir jongler pour trouver l’équilibre et offrir des solutions très flexibles et bon marché.

Diversifier sa mobilité

Une autre tendance se forme, dans la tête des générations un peu plus âgées aussi. Avec l’évolution des mentalités autour des budgets mobilité dans les entreprises, il est parfois possible d’opter pour un modèle de véhicule moins « bling bling » et d’obtenir en prime un vélo de société. L’utilisateur garde donc sa voiture de fonction pour les trajets indispensables tout en se déplaçant en vélo vers son lieu de travail ou sur des trajets plus courts. Les avantages sont flagrants pour tout le monde : moins de stress avant d’arriver au travail et parfois moins de temps pour y arriver, économie pour l’entreprise, enjeux écologiques, santé du travailleur, etc.

L’avenir n’est donc plus tourné vers la voiture personnelle ou à usage individuel. Il faut aujourd’hui rechercher et développer des solutions alternatives qui puissent correspondre à tous les profils et à tous les types de zones géographiques. Des solutions personnalisables qui soient flexibles. Il n’existera pas une solution, mais des solutions complémentaires pour que la mobilité de demain soit multimodale.

Vous avez déjà commencé ? Alors profitez-en.

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Photo d’accueil : (c) chuddlesworth flickr