Le covoiturage au quotidien : vous hésitez encore ?

La fin de journée approche, un dernier check sur l’application mobile de la SNCB m’apprend que d’importantes perturbations sont annoncées sur le rail. Il va bien falloir trouver une solution de secours ! Les navetteurs qui quittent Bruxelles pour sa verte périphérie sont nombreux, je ne m’en fais pas trop. Reste à trouver ceux qui proposent leur trajet en covoiturage. Alors, qui va me dépanner ? Je tente de télécharger l’application ComOn[1], que me propose directement mon App Store. J’encode mon trajet et hop, en un clic, je trouve une petite liste de navetteurs à contacter.

Ma première tentative est la bonne : Guillaume vient juste de quitter le travail et propose deux places dans sa voiture. La fin de journée prend d’un coup une tournure positive et je retrouve le sourire ! Un bref appel téléphonique pour convenir du lieu de rendez-vous et il ne me reste qu’à patienter quelques minutes avant d’embarquer.

En discutant avec Guillaume, je comprends qu’il est adepte du covoiturage au quotidien. En alternance avec un groupe de navetteurs de son entreprise mais aussi de manière ponctuelle avec des passagers en demande, Guillaume a fait du covoiturage une véritable habitude de mobilité. Et pourtant, même s’il n’est pas le seul, il reste encore minoritaire dans sa pratique.

Les contraintes liées aux déplacements solo en voiture ne sont pourtant pas des moindres : augmentation du prix du carburant, pollution et embouteillages en tête. Alors, qu’est-ce qui freine encore les plus réticents ?

Flexibilité et organisation

Au contraire du covoiturage « longue-distance », la question de la flexibilité reste prédominante lorsque l’on parle du trajet domicile-travail. Dans le tourbillon toujours plus effréné de nos quotidiens « métro-boulot-dodo », la moindre minute de notre emploi du temps est souvent comptée. Comme le rappelle Guillaume, « le propre de la voiture, c’est justement de permettre d’être flexible et indépendant. Covoiturer c’est retomber dans un schéma plus contraignant. »

L’idée de devoir attendre son covoitureur ou de risquer de ne pas avoir de trajet de retour inquiète beaucoup. Pourtant, des outils toujours plus flexibles et performants se développent pour lever ces barrières. La plateforme de matching carpool.be, lancée par l’asbl Taxistop, rassemble ainsi 140.000 membres et permet de faciliter la gestion de leurs trajets, qu’ils soient réguliers ou ponctuels. De plus en plus d’entreprises se soucient également de fournir à leurs travailleurs une alternative à l’autosolisme en mettant en place des plateformes de covoiturage.

Confiance

Faire un bout de chemin avec un inconnu peut faire peur à certains. Lorsqu’il parle du covoiturage autour de lui, Guillaume l’entend souvent : « c’est l’appréhension face à l’inconnu qui freine le plus les candidats potentiels. On ne sait jamais sur qui on va tomber ». Or, les sites de covoiturage comme Carpool.be, proposent des profils vérifiés et complets ainsi qu’un système d’évaluation permettant de noter ses covoitureurs. Vous pouvez ainsi faire mieux connaissance avec celui qui partagera votre route : est-il fan de musique ? est-il sympa ? De quoi rassurer les plus hésitants.

Et, parce qu’il est responsable de la sécurité de ses passagers, le conducteur adopte naturellement une conduite prudente et concentrée, ce qui tend à diminuer le nombre d’accidents.

Détente et convivialité

C’est un secret de Polichinelle : le belge est particulièrement attaché à sa voiture. Alors que pour certains elle constitue un véritable prolongement de leur salon, pour d’autres, elle est aussi un marqueur social. La grande flotte de voitures de société sur le territoire n’aide pas non plus à encourager un changement d’habitudes. Si beaucoup sont encore loin de vouloir partager leur trajet au quotidien, ceux qui s’initient au covoiturage sont rapidement convaincus… Et continuent à le pratiquer !

Les trajets en solitaires, parfois dans les bouchons, sont ainsi remplacés par des moments où règnent ambiance et convivialité. Et parfois, c’est l’occasion de faire de nouvelles rencontres.

Un autre avantage non-négligeable : se faire conduire et profiter confortablement du trajet en bonne compagnie. Guillaume conduit généralement trois jours par semaine, « je peux donc somnoler sur le siège passager au moins 2 jours/semaine ». Pour ce navetteur, cela représente quand même 4 heures de conduite en moins sur une semaine !

Ecologique et… économique

Partager la route, c’est diminuer au moins par deux le nombre de véhicules en circulation[2] et, par conséquent, réduire la production de Co2 liée au transport. Covoiturer, c’est donc diminuer les files mais c’est aussi améliorer la qualité de l’air que nous respirons.

Et, comme souvent, un geste en faveur de l’environnement a aussi des conséquences sur notre porte-monnaie. Le saviez-vous ? Une voiture coûte en moyenne 400€ par mois. Ce montant englobe les assurances, le carburant, mais aussi les frais liés à l’usure de la voiture. Et quand on parcours quotidiennement plus de 150 km, comme Guillaume, les dépenses liées à l’entretien du véhicule explosent. C’est d’abord pour cette raison financière qu’il s’est lancé : le covoiturage représentait en effet un bon moyen d’amortir une partie des dépenses liées au déplacement quotidien vers le boulot.

90 jours de covoiturage en alternance peut ainsi vous faire économiser 2000€ par an. Vous avez dit de belles vacances ?

L’exemple de Guillaume le montre : covoiturer permet de combiner horaires flexibles, économies et convivialité, et ce, au profit d’un environnement plus sain et plus viable. Ou comment faire du partage de la route une réelle opportunité d’être acteur du changement. Vous vous lancez ?

[1] Disponible en téléchargement gratuit pour Iphone et Android

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